Quels sont les avantages et les inconvénients d’être auto-entrepreneur ?

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Le régime auto-entrepreneur a pour objectif de favoriser la création d’entreprise. Et justement, depuis le début de l’année 2009 jusqu’à la fin de l’année 2011, il y avait 971 000 individus qui se sont inscrits en tant qu’auto-entrepreneur selon les chiffres de l’INSEE. En effet, le succès de ce régime peut s’expliquer par les multiples avantages qu’il offre aux jeunes entrepreneurs. À ne citer que la simplicité des démarches administratives, la comptabilité allégée, la simplicité de la méthode de calcul des cotisations sociales et bien d’autres encore. Toutefois, le régime auto-entrepreneur n’est pas dispensé d’inconvénients. D’ailleurs, c’est la raison d’être de mon article ! Je vais décrypter pour vous les avantages et les inconvénients d’être auto-entrepreneur. Ainsi, vous pourrez savoir si ce régime peut être adapté à votre projet de création d’entreprise ou non.

Auto-entrepreneur ou micro-entrepreneur ? De quoi parle-t-on exactement ?

Avant de vous détailler les avantages et les inconvénients d’être auto-entrepreneur, il me semble important de préciser d’abord de quoi on parle exactement. En effet, les termes « auto-entrepreneur » et « micro-entrepreneur » sont aujourd’hui sujets à des abus de langage.

Toutefois, le régime auto-entrepreneur a été mis en place en 2008 pour faciliter la création des entreprises individuelles. Ce n’est pas un statut, mais un régime fiscal qui offre une simplicité des démarches administratives et une facilité de gestion d’entreprise. En 2015, il a été réformé et on l’a fusionné avec un régime plus ancien : celui de la micro-entreprise. Depuis le début de l’année 2016, le régime d’auto-entrepreneur est donc devenu régime de micro-entrepreneur.

Aujourd’hui encore, le terme « auto-entrepreneur » continue toujours d’être utilisé malgré cette petite nuance. Donc, on peut toujours dire « régime de micro-entrepreneur » ou « régime d’auto-entrepreneur ». Pour ce qui est du terme « statut d’auto-entrepreneur », c’est faux, mais on a tendance à l’utiliser pour simplifier tout simplement le langage.

Entre nous, n’est-ce pas trop long de dire « statut d’entreprise individuelle avec option pour un régime de micro-entrepreneur ? » Voilà tout ! Je pense que cette explication est claire. Si vous prévoyez de choisir ce régime, vous allez donc devoir opter pour le statut d’entreprise individuelle et le choisir en option afin de bénéficier d’une démarche de création et de gestion simplifiée. Encore faut-il bien peser les avantages et les inconvénients d’être auto-entrepreneur.

Les 5 inconvénients du statut d’auto-entrepreneur (commençons par les points négatifs)

Je fais exprès de mentionner d’abord les inconvénients du régime d’auto-entrepreneur, car c’est le point le plus essentiel auquel vous devrez bien réfléchir avant de prendre votre décision.

Un statut réservé aux très petites entreprises

Le premier inconvénient majeur du régime d’auto-entrepreneur réside dans les plafonds du chiffre d’affaires annuel (CA). En effet, ce régime est limité aux entreprises qui réalisent un CA inférieur à :

  • 170 000 € HT pour toute activité commerciale (achat/vente de marchandise, vente de denrées à consommer sur place, prestation d’hébergement) ;
  • 70 000 € HT pour toute prestation de service (commerciale ou artisanale) et pour les professions libérales ;

Donc, si vous dépassez ces seuils de statut auto-entrepreneur, vous devrez passer dans le régime de droit commun de l’entreprise individuelle.

Outre ces plafonds d’auto-entrepreneur, il existe également des seuils de franchise de TVA à ne pas dépasser. À savoir :

  • 82.800 € pour toute activité commerciale (achat/vente de marchandise, vente de denrées à consommer sur place, prestation d’hébergement) ;
  • 33.200 € pour les prestations de service et les professions libérales ;

Donc, si vous dépassez ces seuils de franchise de TVA, vous allez devoir passer au régime réel simplifié de TVA.

Tout cela pour vous dire que le statut de micro-entreprise est recommandé seulement pour tester un projet ou pour faire de votre activité un complément de revenus. Et pour cause, dès lors que votre entreprise génère beaucoup de revenus, vous devrez songer à changer de statut au risque d’être pénalisé.

Bon à savoir : depuis le 1er janvier 2019, toute déclaration de chiffre d’affaire d’auto-entrepreneur doit se faire en ligne, notamment sur le portail d’auto entrepreneur. Quel que soit le montant de votre CA, cette formalité est rendue obligatoire et le calcul de vos cotisations sera automatiquement effectué. Il ne vous reste plus qu’à les régler en ligne !

Un statut dans lequel il est impossible de déduire ses charges

Le second gros inconvénient du statut d’auto-entrepreneur réside dans l’impossibilité de déduire vos charges liées à votre activité. En effet, vous êtes dans l’obligation de payer vos cotisations sociales et vos impôts en fonction du chiffre d’affaires et non en fonction du bénéfice. Par contre, vous avez le choix entre le paiement mensuel ou trimestriel.

Pour information :

  • Si votre activité concerne la vente de marchandises – votre cotisation sociale est de 12,9 % du CA
  • Si votre activité concerne la prestation de services (BIC) — votre cotisation sociale est de 22,3 %
  • Si votre activité concerne la prestation de services (BNC) — votre cotisation sociale est de 22,2 %
  • Si votre activité concerne une profession libérale — votre cotisation sociale est de 22,2 %

Je vais prendre un exemple concret :

Si vous achetez un produit 90 € et que vous le revendez 100 €, vous perdez de l’argent puisque vous payez 12,90 € de charges à chaque vente. Autre exemple : vous faites une activité en ligne et vous avez un abonnement pour un logiciel à 60 € par mois. Dans ce cas, vous ne pouvez pas déduire cet abonnement dans vos dépenses.

Toutefois, je tiens à vous dire qu’un abattement forfaitaire sera appliqué par l’administration fiscale dès lors que vous faites votre déclaration de revenus afin de considérer vos frais de manière forfaitaire. D’autant plus qu’il est impossible d’amortir les investissements.

Donc, si votre projet de création d’entreprise génère beaucoup de dépenses, le statut d’auto-entrepreneur n’est pas forcément le bon choix, car il est plus intéressant de calculer les cotisations sociales sur la base du bénéfice (CA – dépenses).

Ainsi, mon conseil est de faire une étude approfondie de votre projet de création d’entreprise. Si vous pouvez avoir une marge assez conséquente et que vous n’avez pas beaucoup d’investissements à faire, le régime d’auto-entrepreneur est recommandé. Si ce n’est pas le cas, il vaut mieux orienter votre choix vers une société ou vers une entreprise individuelle.

Un statut dans lequel il est impossible de récupérer la TVA

En étant dans le régime de micro-entreprise, il est impossible de récupérer la TVA sur tous vos investissements et achats liés à votre activité. Et pour cause vous ne facturez pas non plus de TVA parce que vous appartenez au régime de franchise en base de TVA.

Cette caractéristique du statut d’auto-entrepreneur pose problème si vous prévoyez de faire des investissements très importants. C’est bien dommage de devoir perdre 20 % sur l’achat des matériels informatiques ou d’un véhicule. Ce qui peut vous obliger à opter pour d’autre statut comme le SASU ou l’EURL.

Un statut dans lequel il est obligatoire de passer au régime des travailleurs indépendants

Lorsque vous créez une micro-entreprise, vous allez devoir quitter le régime général de la Sécurité sociale, car l’affiliation à Sécurité sociale des indépendants (ex RSI) est obligatoire. Ainsi, vous bénéficiez du statut de travailleur non salarié. Ce qui pourrait vous faire perdre un certain nombre d’avantages !

Je vais prendre un exemple simple : vous ne pouvez pas bénéficier de la couverture de l’assurance chômage si jamais vous cessez votre activité. Dans ce cas, il faut prendre une assurance privée pour couvrir les risques de perte d’emploi.

Autre exemple : il faut déclarer un certain seuil minimum de chiffre d’affaires avant de pouvoir valider vos 4 trimestres de retraite annuels. Ainsi, si votre activité ne génère pas suffisamment d’argents, vous risquez de travailler pendant une année complète sans pouvoir valider vos trimestres de retraite.

Un statut dans lequel l’auto-entrepreneur peut avoir certaines difficultés de gestion

En tant qu’auto-entrepreneur, vous devrez également anticiper certaines difficultés qui peuvent survenir. Par exemple, vous engagez votre patrimoine personnel en choisissant ce régime. Bien que ce dernier exige la création d’un compte bancaire dédié, cela n’exclut pas votre responsabilité en cas de dette. Donc, l’idée est de réduire cette responsabilité en faisant une déclaration d’insaisissabilité ou tout simplement en optant pour l’EIRL.

Autre exemple : il est souvent difficile, voire impossible de revendre votre micro-entreprise. Faute d’un bilan comptable, les éventuels repreneurs ne pourront pas analyser la rentabilité de votre activité. Aussi, si vous prévoyez de faire un prêt bancaire, la plupart des établissements vont être réticents. Donc, il faut prévoir toutes ces difficultés que vous pouvez rencontrer. Si tout cela est bien anticipé dès le départ, vous pourrez bien profiter des avantages procurés par le statut d’auto-entrepreneur.

Les 5 avantages du statut d’auto-entrepreneur

Maintenant que vous savez les contraintes et les limites du statut d’auto-entrepreneur, découvrons ensemble ses avantages.

Des démarches administratives simplifiées

C’est sûrement la première raison pour laquelle vous souhaitez opter pour le statut d’auto-entrepreneur. Contrairement aux autres statuts juridiques d’entreprise, les démarches administratives liées à la création et à la gestion d’une micro-entreprise sont simplifiées et gratuites.

Vous n’avez pas besoin de rédiger des statuts, ni de faire une annonce légale. Il vous suffit de fournir une copie de votre pièce d’identité, un justificatif de domicile et une attestation de non-condamnation. Selon la nature de l’activité que vous souhaitez mener, il est possible que vous alliez devoir suivre un Stage de Préparation à l’Installation (SPI) ou fournir des justificatifs de qualification professionnelle.

Il faut savoir également que ces démarches sont gratuites si vous les effectuez sur Internet, notamment sur les sites officiels comme autoentrepreneur.urssaf.fr. Ainsi, il n’y a pas de frais d’immatriculation à régler. C’est aussi le cas en cas de changement d’adresse ou de cessation d’activité.

Attention ! Bien que les démarches soient simplifiées, vous devrez prendre le temps de réfléchir sur :

  • La périodicité de vos déclarations et donc de vos paiements de cotisations sociales ;
  • L’option pour le versement fiscal libératoire ;
  • L’option pour le régime de l’EIRL ou non ;

Cette liste est loin d’être exhaustive, je pense que les inconvénients énoncés ci-dessus sont largement suffisants pour vous permettre de faire le bon choix. Dans tous les cas, je vous conseille de vous faire accompagner pendant les démarches de création afin d’éviter les erreurs qui peuvent être fatales.

Des charges sociales transparentes et prévisibles

En choisissant le statut d’auto-entrepreneur, vous bénéficiez d’une méthode de calcul des cotisations sociales simples, transparentes et prévisibles. Et pour cause, il vous suffit de déclarer votre chiffre d’affaires (par mois ou par trimestre) et vous le multiplier par le pourcentage de charges. L’avantage réside dans le fait que vous ne risquez pas d’avoir des échéanciers, ni de mauvaise surprise, car vous êtes dans le régime micro social simplifié. Si vous ne faites pas de CA pour une quelconque période, il n’y a aucune cotisation à régler, mais vous devrez toujours déclarer un CA nul.

Une comptabilité allégée

Le troisième avantage du statut d’auto-entrepreneur est que vous pouvez bénéficier d’une comptabilité ultra-allégée. Contrairement aux autres formes juridiques, vous n’avez pas à produire un bilan comptable et donc, vous n’êtes pas obligé de fournir la fameuse liasse fiscale au service des impôts. Ainsi, il n’est pas nécessaire de solliciter le service d’un expert-comptable. Une véritable économie sur les frais de gestion ! Par contre, vous devrez faire un suivi permanent de votre chiffre d’affaires !

Une TVA exonérée

Étant donné que l’auto-entrepreneur bénéficie du régime de franchise en base de TVA, il n’a pas besoin de facturer de TVA à ses clients à condition que vous respectiez un certain seuil de la franchise de TVA (82 800 € pour les activités commerciales et 33 200 € pour les prestations de services). Aussi, vous n’avez pas non plus à déclarer le TVA à l’administration fiscale. Cela implique que vous facturez 20 % moins cher que vos concurrents si ces derniers sont issus d’autres régimes qui facturent le TVA.

Une possibilité d’opter pour le versement fiscal libératoire de l’impôt

Il s’agit ici d’une option réservée exclusivement aux micro-entreprises. En effet, vous pouvez opter pour le versement libération de l’impôt sur le revenu (IR). Conséquence : l’IR sera payé en un seul versement, tout comme le paiement de vos charges sociales. Ainsi, vous pouvez facilement anticiper vos charges dont l’impôt. Ce qui vient faciliter la gestion de votre trésorerie.

Conclusion : Mon avis sur le statut d’auto-entrepreneur

J’espère que vous allez pouvoir bien peser les avantages et les inconvénients d’être auto-entrepreneur. Pour terminer, je vais vous faire part de mon avis sur le statut d’auto-entrepreneur. En effet, c’est intéressant si vous souhaitez tester une activité ou faire de votre projet entrepreneurial un complément de revenus. Par contre, si vous prévoyez de monter une entreprise qui va générer beaucoup d’investissements ou de créer une entreprise dans le but de la revendre rapidement, je vous conseille d’orienter votre choix vers d’autres formes juridiques comme la SASU par exemple. Dans tous les cas, il vaut mieux vous faire accompagner dans votre montage du projet.